MANU LE MALIN - On The Way Home
15 ans d’activisme rave rassemblés sur un CD
Sortie le 7 novembre 2007.

Voilà plus d’une quinzaine d’années qu’Emmanuel Dauchez aka Manu le Malin parcourt le monde orné de ses tatouages et armé de ses vinyles, tel un véritable mercenaire électronique. Quinze années qu’il fédère un public fidèle, toujours plus nombreux, voyant en lui l’une des icônes intemporelles de la techno hardcore. Les modes passent, les générations de raveurs se succèdent, des artistes, un temps sous le feu des projecteurs, retournent à l’anonymat quand d’autres savourent d’éphémères instants de gloire. Manu, lui, a traversé tout cela sans sourciller, demeurant un musicien incontournable et restant fidèle aux musiques qu’il affectionne. DJ au charisme et à la technique impressionnante, il s’avère également être un producteur hors pair, distillant au compte-gouttes ses compositions, préférant prendre son temps, derrière les machines, plutôt que de se répéter et de sortir indéfiniment le même morceau.
« Fighting Spirit », sorti dix années après ses premiers pas dans la techno, témoigne de cette volonté de privilégier, avant tout, la qualité et la fraîcheur, quand d’autres se contentent d’une éternelle variation autour du même thème. Une rareté salutaire que l’on retrouvera sur « On The Way Home », compilation reprenant les meilleurs morceaux du Malin depuis le début de sa carrière. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir, à la fois des classiques dancefloor et des productions plus rares, parfois jusque là uniquement disponible sur support vinyle. Et de s’étonner de l’incroyable variété des styles abordés, tout en restant dans un univers électronique « dur ».


Photo : Marion Ruszniewski

Depuis la hardtechno acidifiée de son premier maxi « Memory », sorti en 1995 sur IST, et dont on retrouve ici deux extraits, jusqu’au hardcore furieux et industriel de « Cross Over » en passant par la techno rave de « Someone Was There » et le hardcore mid-tempo de « On The Way Home ». Egalement présentes sur le tracklisting, les nombreuses collaborations de Manu avec des artistes comme Dr Macabre - sous le nom Manga Corps - Lenny Dee, DJ Producer ou encore son frère d’armes Torgull. Sans oublier l’incroyable remix de « Ghost Train » par Vitalic, autre complice de Manu, dont le rôle a été fondamental dans l’actuel retour sur le devant de la scène de la musique électronique française. « On The Way Home » nous ramène sur le chemin de la rave culture, de la techno énergique, sombre et dancefloor, sur le chemin de Manu le Malin, qui, on vous rassure, est encore loin d’être arrivé à son terme. Rave On !

MANU LE MALIN - Biographie

Personnage essentiel de la scène techno hardcore internationale, Manu le Malin symbolise toute la lutte d’un genre musical pour son seul droit à l’existence. Que d’épreuves surmontées et de chemin parcouru depuis ce soir de 1991 où Manu, entraîné par des amis, découvre la « rave », son ambiance bon enfant et sa musique inédite. Un véritable bouleversement pour ce jeune parisien d’à peine 20 ans, qui décide alors de changer de vie.

Exit ses premières amours pour le rock alternatif, le punk et le ska. Il décide de se consacrer corps et âme au Djing, et doit se trouver un nom de scène, se sera Manu le Malin en référence au film « Les Frères Pétard » de Hervé Palud. Très vite, il se produit en public, que ce soit dans les free parties naissantes aux cotés du sound-system Psychiatrik, dans les raves du Bourget ou encore lors des mythiques afters du Pont de Tolbiac.

Sa musique, initialement techno/trance, se durcit et se noircit avec l’arrivée des productions de labels comme PCP et Industrial Strength, qui développent alors un son nouveau : le hardcore. Possédant un sens inné du groove et une technique hors du commun, il voit bientôt sa réputation dépasser les frontières de l’hexagone. Sans renier ses racines underground, on le retrouve alors dans de grands événements comme Energy à Zurich en 1995, devant plus de 15 000 personnes.

C’est à la même période qu’il rencontre, lors d’une soirée, l’américain Lenny Dee, responsable du label Industrial Strength. Ce dernier décide de donner sa chance à Manu en lui permettant de sortir son premier maxi « Memory ». La même année, Manu sort deux CD mixés, « Paris Hardcore » toujours sur Industrial Strength et « Hardcore vol 2 » chez les français de Fairway.

Mais c’est en 1997 avec la parution de Biomechanik, nom emprunté aux œuvres du plasticien suisse H.R. Giger, que l’on retrouve Manu au sommet de son art. Celui du mix privilégiant les ambiances à la vitesse, amenant insidieusement l’auditeur vers des contrées musicales insoupçonnées. Au même moment, il crée avec Torgull son ami de toujours, le label 46 Records, qui compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de références.

En avril 1998, on retrouve Manu lors de la première rave organisée à Bercy : Métropole Techno. Et en septembre de la même année lors du final de la première Techno Parade, place de la Nation. Sans faire aucune concession, il y représente le son qu’il affectionne, tout comme dans l’émission mensuelle qu’il anime sur Radio Nova : Extreme Terror.

A la rentrée 1999, le deuxième volume de la série Biomechanik est publié par F Communications, la structure d’un autre complice : Laurent Garnier. Le nouveau millénaire voit Manu multiplier les collaborations et les projets sortant du cadre strictement techno et dancefloor. Ainsi il compose la bande-son d’un dessin animé pour Canal + : « Y a un os ».

Et surtout, à l’été 2000, il participe avec Torgull à la création d’une œuvre musicale inédite « Hier, Aujourd’hui, Demain » aux cotés de René Koering et de l’Orchestre National de Montpellier. Réconciliant classique et électronique le temps d’un concert magistral au Corrum de Montpellier et au Théâtre du Chatelet à Paris. Ce n’est qu’en 2002, après dix années de passion ininterrompue, que Manu délivre enfin son premier album : « Fighting Spirit » accueilli avec enthousiasme tant par la presse que par le public. Puis il tente l’aventure rock’n’roll avec ses camarades du label 46 Records au sein du groupe Palindrome dont il devient le chanteur. « Rions Noir », premier album de la formation, dont Manu a écrit l’intégralité des textes, sort au printemps 2004.

Depuis, Manu poursuit ses résidences, notamment au Rex à Paris, où lors du festival annuel brestois Astropolis dont il assure la programmation de la scène hardcore. Puis, avec l’arrivée de nouveaux supports musicaux tel le DVD, il réalise à la rentrée 2005 le dernier volet de sa fameuse trilogie « Biomechanik », tourné dans le bar du musée de H.R. Giger. Pour Manu, grand fan de l’artiste helvète, le « rave » est devenu réalité.



TRACKLISTING /// CD


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Manu Le Malin /// +++
 

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